lundi 2 novembre 2009

one of me stuttered and one // of me broke





l’un de moi bégayait et l’un
de moi se brisait, et l’un de moi s’évertuait

à nouer une ligne à l’un de
moi la détachant de moi :

l’un de moi regardait un pêcheur hisser
un requin-taureau hors du brisant,

tandis qu’un autre était déjà des années plus tard,
de retour là où un gars du coin

appâtant un bar ramassait un requin :
l’un de moi s’asseyait sous les nuages olivine,

nuages cerise, un ciel courtisan,
et l’un de moi s’ensoleillait

comme un enfant s’imaginant une canne à pêche
pliée en point d’orgue : l’un agitait une écharpe

bleu barbeau, l’un entendait
un moulin à vent, l’un le vent,

l’un agitait la main en guise d’adieu à un imminent
vestige d’amour : et l’un s’en allait flâner

nu-pieds et brûlé par le soleil à travers
les inhibitions nickelées de l’après-midi

balançait des bouteilles ambrées contre un arbre de fumée,
le lac métal, et rejoignait à la nage

sa famille sur le quai dans le crépuscule tombant,
tandis que le même garçon restait en arrière

à le regarder nager : l’un croyait
qu’un père pouvait être tué par une chute de roche,

et l’un se réveillait pour s’apercevoir que ce n’était
qu’un rêve, quoi que son père fût mort,

et l’un croyait à une maison magnifique
que nulle main n’a édifiée : l’un promit

que rien ne se briserait, et rien ne se brisa,
et l’un partout voyait des brisures

et ne savait dire ce qu’il voyait

------------------------------------------------------------------------------------------
© Andrew Zawacki, 2004 © Traduction Sika Fakambi
Extrait du recueil Anabranch (traduction en cours)





Aucun commentaire: